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Feu vert pour la nouvelle Commission européenne

Le Parlement européen a entériné l’équipe de Jean Claude Juncker. L’organe exécutif de l’UE composé de 28 commissaires, un par Etat membre, prendra ses fonctions le 1er novembre.

Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker est le nouveau président de la Commission européenne

La Commission a obtenu 423 voix des conservateurs du Parti populaire européen (droite), des socialistes et des libéraux, qui forment une grande coalition. Il y a eu 209 voix contre et 67 abstentions. Les nouveaux commissaires ont déjà été entendus par les députés européens.

Les tractations auront duré jusqu’à la dernière minute. Hier, la candidate slovène qui avait été jugée incompétente par les députés européens, a finalement été remplacée par sa compatriote Violeta Bulc, qui sera en charge des Transports. Mais ce portefeuille était déjà attribué au Slovaque social-démocrate, Maros Sefcovic. Celui-ci a alors été promu vice-président en charge de l’énergie.

Un ultime revirement qui ravie les socialistes européens : ils totalisent ainsi trois postes de vice-président, sur les sept mis en jeu.

L’Italienne Federica Mogherini est la nouvelle diplomate en chef de l’Union européenne

La Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en résumé, la chef de la diplomatie européenne, est elle aussi social-démocrate. C’est l’Italienne Federica Mogherini. Autre victoire des socialistes : le poste de commissaire des Affaires économiques et financières attribué au Français Pierre Moscovici, malgré la mauvaise réputation de la France en terme de rigueur budgétaire.

Mais les conservateurs du parti populaire européen, le PPE, ont eux aussi réussi à obtenir des portefeuilles importants: celui du Marché intérieur, ainsi que trois vice-présidents, ceux chargés de l’Euro, du budget, et de l’emploi et la croissance. Sans oublier bien sûr, le nouveau Président, Jean-Claude Juncker, qui remplace le social démocrate José Manuel Barroso.

L’Allemand Günther Oettinger,
commissaire à l’économie numérique, est un proche d’Angela Merkel

L’Allemand Günther Oettinger, lui aussi du PPE et proche de la chancelière Angela Merkel, sera en charge de l’économie numérique, pour son deuxième mandat de commissaire.

La composition de la Commission européenne est en fait souvent une affaire de tractations entre les principales tendances politiques du Parlement. Les députés Verts, en minorité, dénoncent « ces petits arrangements entre amis » qui, selon eux, « font le jeu des eurosceptiques en Europe ».

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De jeunes volontaires pour le djihad

Trois adolescentes américaines, qui voulaient apparemment se rendre en Syrie pour faire le djihad, ont été arrêtées par la police allemande ce week-end, à l’aéroport de Francfort. Elles ont été renvoyées chez elles.

Il y a une idéalisation romantique et naïve de l’Etat islamique dans la tête de certains adolescents

Les adolescentes sont deux soeurs de 15 et 17 ans, d’origine somalienne. La troisième a 16 ans et aurait des origines soudanaises. Ces trois Américaines ont donc été stoppées avant de parvenir à leur destination, mais d’autres réussissent à rejoindre la Syrie. Il y aurait environ 12 000 combattants étrangers dans les rangs de l’Etat islamique. Parmi lesquelles, de plus en plus de jeunes filles occidentales.

Elles ont entre 16 et 20 ans, sont presque toutes issues de l’immigration, et peu d’entre elles converties à l’Islam. Selon Burkhard Freier, le directeur de l’office fédéral de protection de la constitution de la région Rhénanie du nord – Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne, environ 25 femmes auraient quitté la région pour se rendre en Syrie.

« Elles viennent de familles tout à fait ordinaires. Mais au cours de leur vie, elles ont vécu comme une rupture. Comme les jeunes hommes qui partent, elles sont en manque de reconnaissance et sont désorientées. »

Une utopie attirante

A cela s’ajoutent un caractère protestatire et un désir d’aventure, commun chez les adolescents : difficile alors de résister à la propagande de l’Etat Islamique, comme l’explique Katherine Brown, maître de conférence au Centre d’études sur la défense du King’s College de Londres.

Il y aurait environ 12 000 combattants étrangers dans les rangs de l’Etat islamique

« L’Etat islamique, même si on rejette sa politique, propose toutefois une utopie politique, celle de la formation d’un état islamique. L’idée a son charme. Il y a une idéalisation romantique et naïve. Cela joue un rôle dans un contexte européen où beaucoup de jeunes musulmans se sentent éloignés du débat politique dans lequel ils sont décrits de manière très négative. »

Selon Katherine Brown, certains de ces candidates et candidats au djihad ont paradoxalement très peu de connaissances sur l’islam.

« Il y a bien sûr les expressions courantes, le drapeau noir et les chants présents dans les vidéos. Mais ils se penchent peu sur ce que dit la religion vis-à-vis du djihad ou de leur nouveau style de vie. »

Et une fois sur place, la réalité n’est pas toujours ce qu’elles attendaient. Selon Burkhard Freier, les femmes ne sont pas traitées comme les hommes.

« Elles ne participent pas aux interventions militaires. Elles ont utilisées pour la surveillance et le soutien des hommes. Mais elles ne sont pas aussi libres qu’elles imaginaient : elles sont contraintes et souvent, même si elles le voudraient, elles ne peuvent plus rentrer chez elles. »

Il y aurait 200 femmes européennes engagées dans la guerre civile en Syrie.

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Le prix Sakharov pour le Congolais Denis Mukwege

Le prix Sakharov du Parlement européen a été attribué mardi au gynécologue congolais Denis Mukwege pour son travail auprès des femmes victimes des viols et des violences sexuelles dans des conflits armés.

« Ces femmes ont besoin que l’on parle d’elles » (Denis Mukwege)

Le gynécologue congolais Denis Mukwege a été une nouvelle fois distingué pour son travail. Après le prix Olof-Palme, celui des droits de l’homme des Nations unies ainsi que le Prix international du Roi-Baudouin pour le développement, il vient d’obtenir à l’unanimité le prix Sakharov du Parlement européen de Strasbourg. Ce prix « pour la liberté de l’esprit » est doté de 50.000 euros.

Depuis plus de dix ans, dans son hôpital de Bukavu au Sud Kivu, le Dr Mukwege et ses équipes tentent de faire face aux traumatismes subis par les femmes victimes de viols. Plus de 40 000 femmes sont déjà passées entre leurs mains. En RDC, ces quinze dernières années, on estime qu’un demi-million de femmes ont été violées.

L’an dernier, lorsqu’il avait reçu le Prix Nobel alternatif, il avait accordé une interview à la Deutsche Welle, au micro de Carole Assignon. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur le lien ou l’image.

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Protestations contre la Monusco

De vives tensions ont cours à Beni, dans l’est de la République du Congo. Les populations de la localité sont descendues dans les rues pour demander le départ de la mission des Nations unies, la Monusco.

« Nous voulons le départ immédiat de la Monusco » (un manifestant)

Deux jeunes ont été tués et un grièvement blessé par balle mardi soir dans l’est de la République démocratique du Congo alors qu’ils attaquaient des soldats de l’ONU et des soldats congolais, selon la Société civile de la province du Nord-Kivu dans un communiqué.

A Beni, la population s’en est aussi prise à al Monusco, accusée de ne pas en faire assez contre les attaques des ADF-Nalu. Le reportage de notre correspondant sur place, John Kanyunyu, est à écouter en cliquant sur le lien ou l’image.

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Les esprits s’échauffent à Ouagadougou

Au Burkina Faso, des manifestations se sont déroulées à Ouagadougou après l’annonce que le gouvernement allait bien soumettre le projet de révision de la Constitution à l’Assemblée nationale.

Le référendum rendrait possible la candidature en 2015 du président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans

Les manifestants qui ont déferlé après cette annonce ont érigé des barricades sur certaines grandes artères de la capitale, Ouagadougou. Dans la foulée, une journée ville morte à été prévue ce mercredi. Mais le mouvement semble n’avoir pas été suivi. C’est ce que confirme Zephirin Kpoda. Il est le directeur de publication de « L’Hebdo du Burkina », un journal proche du pouvoir: « J’ai quitté mon domicile pour me rendre à mon lieu de travail. J’ai fait environ 7 km à l’intérieur de la ville, je n’ai rien remarqué d’anormal, au contraire. Les habitants de Ouagadougou vaquent à leurs occupations. Si ce mouvement est en marche, il n’est pas suivi. »

Un meeting organisé mardi prochain

La machine pour la révision de la Constitution est déjà lancée. Mais l’opposition, elle ne désarme pas. La preuve, les principaux leaders de l’opposition au Burkina sont en ce moment même en train de peaufiner leur stratégie. Un meeting populaire sera organisé mardi prochain dans le grand stade de la capitale. Maître Bénéwendé Stanislas Sankara est le président de l’Union pour la renaissance, Parti Sankariste. Il croit à l’adhésion de la population: « Depuis hier, les populations qui ont appris la décision du Conseil des ministres, demandant à l’Assemblée nationale de décider du référendum, a décidé elle-même et de manière spontanée de dresser des barricades. C’est la preuve que l’on n’a pas de raison de douter de la réaction populaire, de penser que ce ne sera pas suivi. »

« Au sein de la majorité, tous ne partagent pas la volonté de modifier la Constitution »

Selon nos informations, les députés vont débattre de ce projet de modification de la Constitution lors de la plénière du 30 octobre prochain. Et les tractations ont déjà commencé. Car même s’il est assuré d’avoir la majorité relative pour faire passer ce texte, le Congrès pour la démocratie et le progrès au pouvoir a besoin de voix supplémentaires pour espérer obtenir les trois quarts des voix requises pour se passer d’un référendum. Cette hypothèse est-elle plausible ? Vous pouvez écouter l’analyse d’Augustin Loada, le directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique et professeur à l’Université de Ouagadougou, en cliquant sur l’image ou le lien.

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Un mauvais signal depuis Bagdad

La presse allemande s‘intéresse à la situation des Kurdes de la ville de Kobané désormais aidés par la Turquie, mais aussi à la nomination controversée du nouveau ministre de l’Intérieur en Irak.

Le gouvernement irakien de Haider al-Abadi compte désormais, après des semaines de blocage, deux ministres de l’Intérieur et de la Défense

Longtemps, la Turquie a seulement regardé ce qui se passait à Kobané, juste de l’autre côté de la frontière. Maintenant, elle aide les Kurdes, salue la Süddeutsche Zeitung. Ankara permet le transit des Peschmergas, les combattants kurdes, par son territoire pour qu’ils puissent lutter contre les djihadistes de l’État islamique. Ankara a réagit à un affront : les États-Unis ont envoyé trois avions cargos larguer des armes aux Unités de protection du peuple, qui défendent Kobané. La Turquie avait toujours refusé de telles livraisons. Mais s’il continuait sur cette voie, le pays de Recep Tayyip Erdogan risquait d’être de plus en plus isolé sur la scène internationale. Et de cela non plus, Ankara n’en voulait pas, note la Süddeutsche Zeitung.

Les Peschmergas, les combattants kurdes, vont pouvoir rejoindre, via la Turquie, les troupes qui se battent à Kobané

Alors que tous les regards sont braqués sur la ville de Kobané, de mauvais signaux sont envoyés depuis Bagdad, note la tageszeitung. Après des semaines de blocage, un ministre de l’Intérieur et un de la Défense ont été nommés. Le chiite Mohammed Al-Ghabbane, désormais à la tête du ministère de l’Intérieur, a fait partie d’une milice responsable de la mort et de l’exode de milliers d’Irakiens sunnites en 2009. Alors imaginez, suggère la taz, vous êtes un Sunnite qui vit dans une ville tenue par l’État islamique. Vous avez peur des djihadistes mais vous craignez aussi que les forces de sécurité irakiennes, avec du sang sunnite sur les mains, reprennent la ville. De quel côté allez-vous pencher?

Tolérance zéro en Allemagne

En Allemagne, les centaines de candidats au djihad mais aussi les émeutes qui ont lieu entre partisans des Kurdes et ceux de l’État islamique n’appellent pas de nouvelles lois, estime la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais plutôt de nouvelles mesures pour éviter que la guerre qui se déroule en Irak et en Syrie ne se déroule dans les rues allemandes, écrit le journal. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice prônent la tolérance zéro et mettent en garde contre tout activisme. Mais les autorités allemandes doivent être jugées sur l’application de leur action. Car des candidats au djihad sont partis, même avec un bracelet électronique à la cheville, qui devait surveiller leurs déplacements.

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Dialogue difficile à Hong Kong

Après plus de trois semaines de manifestations, les négociations se poursuivent dans cette ex-colonie britannique, entre le gouvernement local et les représentants du mouvement pro-démocratie.

Les représentants du gouvernement de Hong Kong posent avant le début de la réunion avec les pro-démocratie

À Hong Kong, les protestataires réclament la démission de l’actuel chef de l’exécutif local et exige le suffrage universel pour la prochaine élection en 2017. Les discussions sont retransmises en direct par les télévisions locales. Cinq délégués des syndicats étudiants et cinq responsables de l’exécutif local sont réunis dans une petite salle de la faculté de médecine. Les leaders du mouvement refusent de discuter directement avec le chef de l’exécutif de la province autonome, Leung Chun-ying. Ils veulent le voir démissionner et veulent que son successeur soit démocratiquement élu par les 7 millions d’habitants de Hong Kong.

Plusieurs représentants de la fédération des étudiants de Hong Kong sont présents

Avant la réunion, Leung Chun-ying a prévenu que les manifestants ne doivent se faire aucune illusion sur leurs chances d’obtenir des élections totalement libres en 2017. Il craint que le suffrage universel donne une voix prépondérante aux plus modestes – 20 % de la population de Hong Kong vit sous le seuil de pauvreté – Ce qui risquerait, selon lui, d’avoir des conséquences négatives sur les investissements et le classement de Hong Kong parmi les premières places financières de la planète.

Actuellement, les candidats au poste de chef de l’exécutif sont sélectionnés et élus par un comité de 1200 personnes, pour la plupart proches de Pékin.

Carrie Lam est la numéro 2 du gouvernement local

La numéro deux du gouvernement, Carrie Lam, a concédé que « l’élection directe du chef de l’exécutif par cinq millions d’électeurs est beaucoup plus démocratique que sa sélection par un comité de 1200 membres ».

La Chine a déjà accepté l’idée du suffrage universel, mais avec un bémol : les candidatures seraient toujours préalablement sélectionnées par ce comité.

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« La dame de fer » devant la justice

En Côte d’Ivoire s’ouvre mercredi le procès de plusieurs hauts cadres du FPI, le Front populaire ivoirien, le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo. Dans le box des accusés, sa femme Simone, en prison depuis 2011.

« Depuis son lieu de détention, Simone Gbagbo contrôle sa formation politique, le FPI »

Simone Gbagbo, l’ex-première dame du pays, est détenue à Odienné dans la partie nord de la Côte d’Ivoire depuis plus de trois ans. Elle et des cadres du FPI sont poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Julien Adayé, notre correspondant à Abidjan revient sur la vie de l’ex-première dame ivoirienne. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur le lien ou l’image.

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L’Afrique doit se mobiliser davantage contre Ebola

Contrôle dans les aéroports, réunions de crise pour réunir des fonds, envoi de personnel médical: depuis que l’épidémie d’Ebola a commencé en Afrique de l’Ouest, la mobilisation est générale pour y mettre un terme.

L’ONG Médecins sans frontières s’est félicitée de la sortie du « 1.000ème survivant » de la maladie de ses centres de traitement

Pas plus tard que lundi l’Union européenne s’est engagée à débloquer au moins un demi milliard d’euros dans la lutte contre Ebola. Côté africain, on ne reste pas non plus les bras croisés mais les réactions sont jusqu’à présent plutôt timides.

Certes, la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) a décidé d’envoyer des professionnels de santé en Afrique de l’Ouest pour combattre l’épidémie d’Ebola, mais la présidente de la Commission de l’Union Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma l’a reconnue elle-même, l’Afrique doit mobiliser davantage de ressources humaines.

Une réaction toujours timide

Plusieurs pays ont renforcé les contrôles dans les aéroports des passagers
susceptibles d’être porteurs du virus Ebola pour
limiter la propagation de l’épidémie

Comme dans presque toutes les crises qui surviennent sur le continent, la réponse des organisations africaines reste faible, selon Alfred Shango Lokoho, professeur à la Sorbonne Nouvelle Paris III.

« La question de la coordination, de la mutualisation, de la prise de conscience tarde à venir. Le phénomène est de l’ordre des Etats eux-mêmes et puis des institutions de chaque sous-région africaine, dans ce cas précis, de la CEDEAO. L’Union Africaine a focalisé son attention souvent sur des questions économiques, politiques, de politique agricole, de règlement de conflit mais rarement, elle s’est penchée sur ces questions sanitaires, laissant aux Etats d’organiser eux-mêmes leurs systèmes de santé»

Face à la progression de l’épidémie il faut relever que des institutions et des particuliers se sont tout de même impliqués. Il y a par exemple le riche homme d’affaires et philanthrope nigérian, Aliko Dangote, qui a fait un don d’un montant de plus d’un 1 million de dollars au nom de sa Fondation pour la création d’un Centre national d’opérations d’urgence contre Ebola au Nigeria. La banque africaine de développement (BAD) a fait également un don de 30 milliards de francs CFA à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais même à ce niveau la mobilisation reste faible. Depuis le début de l’épidémie, Ebola a fait plus de 4.500 morts au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.