renforcement-de-laide-aux-refugies-syriens

Renforcement de l’aide aux réfugiés syriens

3,2 millions de Syriens ont fui la guerre civile qui ravage la Syrie depuis trois ans et, plus récemment, les massacres de l’Etat islamique. Une conférence s’est tenue mardi à Berlin pour soutenir les pays d’accueil.

Depuis quelques mois, les atrocités et massacres commis par l’organisation terroriste de « L’Etat Islamique » auto-proclamé a produit une nouvelle vague de réfugiés. Ces derniers ont trouvé refuge dans les pays voisins, en Jordanie, au Liban, en Egypte ou en Turquie.

Face à l’ampleur du phénomène, les représentants de plus d’une trentaine d’Etats et d’organisations internationales, réunis hier en conférence à Berlin, la capitale allemande, ont décidé non seulement de soutenir les réfugiés sur le plan humanitaire, mais aussi de venir en aide aux Etats qui les accueillent.

Plus de 40 représentants d’Etats et d’organisations internationales ont participé à la conférence de Berlin

Jusqu’ici, la communauté internationale – en premier lieu les pays de l’Union européenne – comptait sur la disponibilité des pays voisins de la Syrie à accueillir les réfugiés. C’est après plusieurs visites dans la région en crise que le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et son collègue du Développement, Gerd Müller, ont organisé à Berlin cette conférence sur la situation des réfugiés syriens. A la fin de la rencontre, les ministres ont promis que l‘Allemagne donnerait 640 millions d’euros supplémentaires jusqu’en 2017.

L’ aide des pays occidentaux jugée insuffisante

Cependant des voix critiques se font entendre en Allemagne qui estiment que Berlin a attendu trop longtemps avant de réagir et surtout qu’un pays comme l‘Allemagne pourrait et devrait faire plus. Des critiques que l’on trouve notamment dans la presse allemande. Ainsi die tageszeitung souligne que cela fait trois ans que des millions de Syriens fuient leurs foyers. Et c’est maintenant que le gouvernement allemand réagit? Bravo ! ironise le journal. Naturellement, le ministère des Affaires étrangères qui a organisé à Berlin ce grand sommet avait déjà offert une aide à ces déplacés.

Réfugiés syriens à Suruc, Turquie

Mais face à l’ampleur de cette catastrophe, cette aide était inappropriée, presque cynique souligne le journal qui précise que l’Allemagne et les pays de l’UE accueillent 1% des réfugiés syriens. 1% s’indigne la taz! Le reste, plusieurs millions, ce sont les pays voisins de la Syrie qui les ont pris en charge. Depuis deux ans, l’effondrement du Liban est prévisible, et le même destin menace aussi la Jordanie, prévient die tagesszeitung.

Appels pressants

À Berlin, les représentants des pays voisins de la Syrie ont de nouveau appelé la communauté internationale à en faire davantage… Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judeh, par exemple, a demandé aux pays occidentaux de soutenir financièrement la Jordanie s’ils exigent que celle-ci accueille pour eux les réfugiés. Et tout comme les représentants de la Turquie, du Liban ou de l’Egypte, le diplomate n’a pas caché qu’il y a eu beaucoup de promesses jusqu’ici, mais peu de réalisations. Les pays voisins de la Syrie croulent sous cette énorme charge.

Il faut dire que si l’Allemagne, par rapport à sa population de 85 millions d’habitants, accueillait la même proportion de réfugiés que le Liban (4 millions d’habitants), il devrait y avoir en Allemagne non pas 70.000 réfugiés syriens comme c’est le cas, mais deux millions ! C’est le calcul établi par diverses organisations de défense des droits de l’Homme.

Photo de groupe des participants

Le vice ministre turc des Affaires étrangères Naci Koru a d’ailleurs rappelé, qu’en accueillant rien que les seuls 200.000 réfugiés de la ville kurde syrienne de Kobané assiégée depuis six semaines par les jihadistes de l’organisation de l’Etat Islamique, la Turquie a déjà accueilli plus que toute l’Union européenne !

Parmi tous les pays européens l’Allemagne est toutefois le pays qui a accueilli le plus de réfugiés syriens jusqu’ici. La Grande-Bretagne, par exemple, a officiellement accueilli au total 54 réfugiés syriens.

Selon les termes de la déclaration finale publiée à l’issue de la conférence à Berlin, « les donateurs vont tenter de mobiliser durant plusieurs années un soutien accru basé sur des besoins identifiés ». Sans toutefois annoncer un montant concret.

parfum-de-violence-cologne

Parfum de violence à Cologne

A Cologne, la journée du dimanche a été agitée. Les affrontements entre police et manifestants qui ont eu lieu près de la célèbre cathédrale font la Une de l’actualité en Allemagne

Dimanche, à Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne, la journée a été agitée dans le centre ville. Les affrontements qui ont eu lieu près de la célèbre cathédrale font la Une de l’actualité aujourd’hui, en Allemagne. Tout a commencé par le regroupement de près de 2.500 « hooligans », comme on appelle ici les prétendus fans de football adeptes de violences gratuites. Ils s’étaient donné rendez-vous en centre ville à l’occasion d’un autre appel à manifester, lancé par un mouvement d’extrême-droite contre les islamistes.

En tout, ils étaient environ 4000, tous prêts à en découdre.

Un important dispositif policier les attendait. Des policiers qui ont dû faire usage de matraques, de sprays au poivre et de canons à eau.

Une foule de « hooligans » et de militants d’extrême-droite

« Les policiers semblaient un peu surpris d’avoir à faire à autant de hooligans et de néo-nazis à Cologne », écrit la Süddeutsche Zeitung. Ils s’étaient rassemblés à la sortie arrière, du côté droit de la gare centrale. A l’entrée principale de la gare, du côté gauche avec vue sur la cathédrale, 600 contre-manifestants d’organisations de gauche s’étaient eux aussi rassemblés pour protester contre les manifestants d’extrême-droite et autres hooligans.

Le rassemblement avait été initié par un fonctionnaire du parti anti – islam « Pro NRW », un mouvement qui est placé sous la surveillance des services de renseignements intérieurs.

Les « Hooligans contre les salafistes »

C’est un mouvement qui s’est créé sur Internet et est organisé par les réseaux sociaux. Le ministère de la justice savait donc à qui les policiers seraient confrontés. Du côté des hooligans, la manifestation dégénère rapidement : les manifestants se saoûlent à grand renfort de canettes de bière d’un litre, et hurlent des slogans xénophobes. Ils agressent les policiers, renversent un bus de police et poursuivent tous ceux qui ressemblent à des manifestants de gauche dans les rues adjacentes.

Un bus de police renversé

44 policiers sont blessés par des jets de bouteilles, des pavés et des pétards. Une vingtaine de manifestants violents sont interpellés. Le ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie du Nord Westphalie, Ralf Jäger :

« C’est en effet une nouvelle dimension que des „hoolignans“ les casseurs qui commettent habituellement des violences en marge de rencontres de football, s’allient maintenant à des extrémistes de droite pour soi-disant manifester contre le salafisme. En fait ils ne sont venus que pour semer la violence en abusant du droit de manifestation.“

Toujours selon la Süddeutsche Zeitung , »C’est un étrange phénomène que l’on a pu observer dimanche à Cologne, parce que des hooligans prétendent maintenant défendre les valeurs de l’Occident. Pourtant jusqu’ici, les hooligans ne se sont pas illustrés par leurs activités politiques, ironise le journal, qui relève que les « valeurs » défendues par les hooligans se résument souvent à la bière et à la bagarre.

De nombreux policiers mobilisés, 44 d’entre eux ont été blessés

Dans une interview au quotidien « Kölner Stadt-Anzeiger », le responsable régional du syndicat de la police a affirmé que depuis peu, la police « observait une certaine radicalisation, principalement à droite, des hooligans » qui cherchent à utiliser le contexte international et à se faire passer pour « les bons » qui luttent contre les « méchants » islamistes simplement afin de mobiliser davantage de partisans ».

Aujourd’hui, à Berlin, le ministre fédéral de la Justice, le social-démocrate Heiko Maas, a averti que désormais « quiconque viendrait semer la violence dans les centres villes allemands devra compter avec toute la rigueur de l’Etat de droit et devra en subir les conséquences ».

dilma-rousseff-presidente-de-justesse

Dilma Rousseff, présidente de justesse

Au Brésil, la présidente sortante, Dilma Rousseff, remporte la présidentielle de justesse, face au social-démocrate Aécio Neves.

Elle affirme vouloir donner le meilleur d’elle-même

Elle est donc réélue pour un deuxième mandat, après une campagne électorale des plus serrées.

Dilma Rousseff a battu son concurrent, le candidat centriste, Aécio Neves, avec 51,6 pour cent des voix contre 48,4.

Célébration de la victoire de Dilma Rousseff

Pour son nouveau mandat de 4 ans, elle affirme vouloir donner le meilleur d’elle-même:

«Parfois, des résultats serrés aident à engager rapidement des reformes profondes et moi en tant que présidente je suis prête à dialoguer avec tout le monde et la première chose que je ferai durant ce second mandat, c’est de dialoguer»

Dilma Rousseff tenait lors de la célébration de sa victoire une bannière avec l’inscription «Nouveau gouvernement, nouvelles idées». Elle a remercié ses partisans et son prédécesseur, Luiz Inácio Lula da Silva, qu’elle a remplacé en 2010.

Aécio Neves a créé la surprise en finissant deuxième

De son côté, Aécio Neves, qui a créé la surprise en finissant deuxième au premier tour de l’élection présidentielle du 5 octobre, n’est pas en reste :

«Un grand merci aux 50 millions de Brésiliens qui ont parié sur le changement. Je suis éternellement reconnaissant à mes électeurs, ils m’ont permis de rêver d’un nouveau projet. J’ai participé à une grande bataille, je ne me reproche rien et j’y ai cru jusqu’au dernier moment.»

La septième économie mondiale doit donner du dynamisme à une économie en perte de vitesse et réconcilier les Brésiliens… entre, d’un côté, les tenants d’une politique de gauche, incarnée par Dilma Rousseff, en faveur des plus pauvres et de l’inclusion sociale, et, de l’autre, les défenseurs de l’idéologie capitaliste prônée par Aécio Neves, qui veut parier sur une relance de la croissance de l’économie.

en-allemagne-aussi-les-burkinabes-en-colere

En Allemagne aussi, les Burkinabès en colère

Au Burkina Faso, la mobilisation se poursuit contre le projet de révision de la constitution. La diaspora burkinabè en Allemagne a décidé de se joindre au mouvement de protestation. Un sit-in est prévu à Hambourg.

« Personne ne souhaite voir la situation politique ou sociale se détériorer »

La révision de la constitution devrait permettre au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de briguer un nouveau mandat en 2015.

Hier mardi, les opposants ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Ouagadougou. Mais la mobilisation ne se cantonne plus uniquement au Burkina Faso. A Hambourg, dans le Nord de l’Allemagne, la communauté burkinabè organise un sit-in ce matin à la gare centrale.

mort-du-president-zambien-michael-sata

Mort du président zambien Michael Sata

Agé de 77 ans et gravement malade depuis plusieurs mois, Michael Sata, le président zambien, est décédé à Londres où il suivait un nouveau traitement depuis une dizaine de jours.

Le président zambien Michael Sata ici à Addis Abeba en janvier 2014 lors du sommet de l’Union africaine

Des informations circulaient depuis longtemps selon lesquelles M. Sata était malade. Ces « rumeurs » étaient cependant systématiquement niées par les autorités zambiennes, y compris lorsqu’il était parti en Israël fin juin, officiellement en « vacances de travail », pour une hospitalisation près de Tel-Aviv selon la presse israélienne.

Michael Sata n’avait pas été vu en public depuis son retour de l’Assemblée générale des Nations unies, le mois dernier, où il n’a pas pu prononcer son discours. « Je ne suis pas mort », avait-il déclaré le 19 septembre au Parlement après des mois d’absence sur la scène publique, interrompue le 19 juin pour recevoir le vice-président chinois Li Yuanchao, dont le pays a d’importants intérêts en Zambie.

Surnommé le « Roi Cobra » pour son franc parler, il avait remporté à sa quatrième tentative l’élection présidentielle zambienne de 2011. Michael Sata avait alors battu le sortant Rupiah Banda, dont le mouvement qu’il a lui-même quitté en 2001 était au pouvoir depuis les premières élections multipartites de 1991.

Michael Sata lors de la présidentielle de 2008

Proche de Robert Mugabe

Vieux routier de la politique zambienne, cet ancien gros fumeur, qui avait déjà survécu à une attaque cardiaque en 2008, se considérait comme social-démocrate.
Il était pourtant proche du président zimbabwéen Robert Mugabe, et a longtemps inquiété les investisseurs en promettant l’adoption d’une loi faisant passer 25% du capital des entreprises étrangères aux mains de Zambiens de souche.

Volontiers populiste, il s’était également fait une spécialité de pourfendre les Chinois, très présents en Zambie, notamment dans les mines de cuivre. « Je n’accepterai pas les investisseurs qui amènent leurs concitoyens pour pousser les brouettes à la place de la population locale », avait-il lancé, référence à ces entrepreneurs chinois qui amènent leur main d’oeuvre avec eux pour mener des chantiers en Afrique. Mais ce catholique, père de huit enfants, s’est montré beaucoup plus conciliant une fois parvenu au pouvoir.

En 2011 comme pendant la campagne précédente en 2008, il a promis qu’il transformerait le pays en quatre-vingt-dix jours. « Moins d’impôts et plus d’argent dans vos poches », répétait-on dans ses meetings où affluaient des Zambiens défavorisés qui voyaient en lui un possible sauveur.

Et dans sa biographie officielle, il se vantait de ne jamais boire d’eau en bouteille, expliquant qu’il continuerait ainsi « jusqu’à ce que tous les Zambiens aient accès à de l’eau propre ». Son passage au pouvoir n’a cependant pas bouleversé la Zambie.

Michael Sata laisse un pays en pleine croissance grâce au cuivre, mais avec des finances publiques en mauvais état. Plus de 60% des Zambiens vivent sous le seuil de pauvreté.

kabila-beni-apres-une-nouvelle-attaque-rebelle

Kabila à Beni après une nouvelle attaque rebelle

Le président congolais est arrivé mercredi après-midi à Beni, alors que la ville a été de nouveau la cible d’attaques de rebelles de l’ADF. La population locale attend du chef de l’Etat qu’il mette fin à l’insécurité.

« Qu’il fasse de son mieux pour terminer cette guerre meurtrière » (un habitant de Beni)

Mardi, des rebelles ougandais ont attaqué une position de l’armée située à une quarantaine de kilomètres au nord de Beni. Une autre attaque a visé presque simultanément une station d’essence dans le quartier de Ngadi. Deux rebelles et un membre des FARDC ont été tués au cours des affrontements. Écoutez le reportage de notre correspondant à Beni, John Kanyunyu.

jeudi-crucial-au-burkina-faso

Jeudi crucial au Burkina Faso

Les députés doivent examiner le projet controversé du parti au pouvoir, de modifier l’article 37 de la constitution. Le parti du président Compaoré soutient le projet qui lui permettrait de se présenter encore en 2015.

Interview avec Ali Badra Ouédraogo du CDP

Ce projet de révision constitutionnelle est hautement controversé – nous nous sommes faits l’écho, sur cette antenne, des mouvements de protestation de ces derniers jours, dans de nombreuses localités du Burkina Faso, mais aussi en Allemagne, avec le sit-in prévu hier par la diaspora à Hambourg.

Cependant, certains élus membres ou proches du CDP au pouvoir continuent de défendre la révision constitutionnelle. C’est le cas d’Ali Badra Ouedraogo. Il est député et membre du bureau politique du CDP, le Congrès pour la démocratie et le progrès. Il a été joint à Ouagadougou par Eric Topona.

feu-vert-pour-la-nouvelle-commission-europeenne

Feu vert pour la nouvelle Commission européenne

Le Parlement européen a entériné l’équipe de Jean Claude Juncker. L’organe exécutif de l’UE composé de 28 commissaires, un par Etat membre, prendra ses fonctions le 1er novembre.

Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker est le nouveau président de la Commission européenne

La Commission a obtenu 423 voix des conservateurs du Parti populaire européen (droite), des socialistes et des libéraux, qui forment une grande coalition. Il y a eu 209 voix contre et 67 abstentions. Les nouveaux commissaires ont déjà été entendus par les députés européens.

Les tractations auront duré jusqu’à la dernière minute. Hier, la candidate slovène qui avait été jugée incompétente par les députés européens, a finalement été remplacée par sa compatriote Violeta Bulc, qui sera en charge des Transports. Mais ce portefeuille était déjà attribué au Slovaque social-démocrate, Maros Sefcovic. Celui-ci a alors été promu vice-président en charge de l’énergie.

Un ultime revirement qui ravie les socialistes européens : ils totalisent ainsi trois postes de vice-président, sur les sept mis en jeu.

L’Italienne Federica Mogherini est la nouvelle diplomate en chef de l’Union européenne

La Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en résumé, la chef de la diplomatie européenne, est elle aussi social-démocrate. C’est l’Italienne Federica Mogherini. Autre victoire des socialistes : le poste de commissaire des Affaires économiques et financières attribué au Français Pierre Moscovici, malgré la mauvaise réputation de la France en terme de rigueur budgétaire.

Mais les conservateurs du parti populaire européen, le PPE, ont eux aussi réussi à obtenir des portefeuilles importants: celui du Marché intérieur, ainsi que trois vice-présidents, ceux chargés de l’Euro, du budget, et de l’emploi et la croissance. Sans oublier bien sûr, le nouveau Président, Jean-Claude Juncker, qui remplace le social démocrate José Manuel Barroso.

L’Allemand Günther Oettinger,
commissaire à l’économie numérique, est un proche d’Angela Merkel

L’Allemand Günther Oettinger, lui aussi du PPE et proche de la chancelière Angela Merkel, sera en charge de l’économie numérique, pour son deuxième mandat de commissaire.

La composition de la Commission européenne est en fait souvent une affaire de tractations entre les principales tendances politiques du Parlement. Les députés Verts, en minorité, dénoncent « ces petits arrangements entre amis » qui, selon eux, « font le jeu des eurosceptiques en Europe ».

de-jeunes-volontaires-pour-le-djihad

De jeunes volontaires pour le djihad

Trois adolescentes américaines, qui voulaient apparemment se rendre en Syrie pour faire le djihad, ont été arrêtées par la police allemande ce week-end, à l’aéroport de Francfort. Elles ont été renvoyées chez elles.

Il y a une idéalisation romantique et naïve de l’Etat islamique dans la tête de certains adolescents

Les adolescentes sont deux soeurs de 15 et 17 ans, d’origine somalienne. La troisième a 16 ans et aurait des origines soudanaises. Ces trois Américaines ont donc été stoppées avant de parvenir à leur destination, mais d’autres réussissent à rejoindre la Syrie. Il y aurait environ 12 000 combattants étrangers dans les rangs de l’Etat islamique. Parmi lesquelles, de plus en plus de jeunes filles occidentales.

Elles ont entre 16 et 20 ans, sont presque toutes issues de l’immigration, et peu d’entre elles converties à l’Islam. Selon Burkhard Freier, le directeur de l’office fédéral de protection de la constitution de la région Rhénanie du nord – Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne, environ 25 femmes auraient quitté la région pour se rendre en Syrie.

« Elles viennent de familles tout à fait ordinaires. Mais au cours de leur vie, elles ont vécu comme une rupture. Comme les jeunes hommes qui partent, elles sont en manque de reconnaissance et sont désorientées. »

Une utopie attirante

A cela s’ajoutent un caractère protestatire et un désir d’aventure, commun chez les adolescents : difficile alors de résister à la propagande de l’Etat Islamique, comme l’explique Katherine Brown, maître de conférence au Centre d’études sur la défense du King’s College de Londres.

Il y aurait environ 12 000 combattants étrangers dans les rangs de l’Etat islamique

« L’Etat islamique, même si on rejette sa politique, propose toutefois une utopie politique, celle de la formation d’un état islamique. L’idée a son charme. Il y a une idéalisation romantique et naïve. Cela joue un rôle dans un contexte européen où beaucoup de jeunes musulmans se sentent éloignés du débat politique dans lequel ils sont décrits de manière très négative. »

Selon Katherine Brown, certains de ces candidates et candidats au djihad ont paradoxalement très peu de connaissances sur l’islam.

« Il y a bien sûr les expressions courantes, le drapeau noir et les chants présents dans les vidéos. Mais ils se penchent peu sur ce que dit la religion vis-à-vis du djihad ou de leur nouveau style de vie. »

Et une fois sur place, la réalité n’est pas toujours ce qu’elles attendaient. Selon Burkhard Freier, les femmes ne sont pas traitées comme les hommes.

« Elles ne participent pas aux interventions militaires. Elles ont utilisées pour la surveillance et le soutien des hommes. Mais elles ne sont pas aussi libres qu’elles imaginaient : elles sont contraintes et souvent, même si elles le voudraient, elles ne peuvent plus rentrer chez elles. »

Il y aurait 200 femmes européennes engagées dans la guerre civile en Syrie.

le-prix-sakharov-pour-le-congolais-denis-mukwege

Le prix Sakharov pour le Congolais Denis Mukwege

Le prix Sakharov du Parlement européen a été attribué mardi au gynécologue congolais Denis Mukwege pour son travail auprès des femmes victimes des viols et des violences sexuelles dans des conflits armés.

« Ces femmes ont besoin que l’on parle d’elles » (Denis Mukwege)

Le gynécologue congolais Denis Mukwege a été une nouvelle fois distingué pour son travail. Après le prix Olof-Palme, celui des droits de l’homme des Nations unies ainsi que le Prix international du Roi-Baudouin pour le développement, il vient d’obtenir à l’unanimité le prix Sakharov du Parlement européen de Strasbourg. Ce prix « pour la liberté de l’esprit » est doté de 50.000 euros.

Depuis plus de dix ans, dans son hôpital de Bukavu au Sud Kivu, le Dr Mukwege et ses équipes tentent de faire face aux traumatismes subis par les femmes victimes de viols. Plus de 40 000 femmes sont déjà passées entre leurs mains. En RDC, ces quinze dernières années, on estime qu’un demi-million de femmes ont été violées.

L’an dernier, lorsqu’il avait reçu le Prix Nobel alternatif, il avait accordé une interview à la Deutsche Welle, au micro de Carole Assignon. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur le lien ou l’image.